Haute Route Alpes 2025 : ce que j’ai vraiment ressenti

Haute Route Alpes 2025 : ce que j’ai vraiment ressenti

Avant même le départ de la Haute Route Alpes 2025, on sentait déjà que ce serait grand.

Arriver à Megève, récupérer le dossard, le maillot et les sacs, voir des centaines de cyclistes au briefing, observer toute l’organisation s’activer autour de l’épreuve : on comprenait tout de suite qu’il s’agissait de bien plus qu’une cyclosportive classique. On avait l’impression d’entrer dans un véritable environnement de course à étapes, avec toute l’excitation, la pression et la logistique qui vont avec.

Cette ambiance m’a saisi immédiatement.

J’ai à peine dormi la nuit avant la première étape. Trop excité, trop en alerte, trop pressé d’y aller. Au moment de rejoindre le départ, je savais déjà que je n’étais pas parfaitement récupéré, mais je savais aussi que j’étais pleinement dedans.

Ce qui a suivi, c’est une semaine entière de cols, d’erreurs, de bonnes et de mauvaises jambes, de récupération quotidienne, de stress météo, de petits drames, et un résultat final qui m’a laissé à la fois satisfait et affamé de plus : 13e au général après sept jours, de Megève à Nice.


Étape 1 : Megève à La Clusaz

137 km / 3 100 m de dénivelé

Cols clés : col de l’Épine, Croix Fry, Aravis

La semaine a commencé exactement comme une course à étapes ne devrait pas commencer.

J’avais un plan clair : rester calme, ne pas trop puiser, et penser à la semaine entière plutôt qu’aux premiers cols. Dès le premier vrai effort, ce plan était déjà en difficulté. L’adrénaline était haute, tout le monde roulait fort, et j’ai fait ce que beaucoup d’amateurs font en course à étapes : j’ai couru l’instant au lieu de courir la semaine.

J’ai tout de même terminé 17e de l’étape, un départ correct, mais la vraie leçon est arrivée aussitôt. Sur une épreuve de sept jours, la première étape n’est jamais seulement la première étape. C’est aussi le début de tout ce qui suit.

J’ai aussi eu mon premier rappel que les détails comptent : j’ai perdu un bidon tôt dans l’étape, et donc une grande partie de mon plan glucidique du jour. Dans les Alpes, ce genre d’erreur se paie très vite.


Étape 2 : Megève à Tigne

109 km / 3 500 m de dénivelé

Cols clés : col des Saisies, Cormet de Roselend, Tignes

C’est le jour où la semaine s’est vraiment ouverte.

Les sensations étaient très bonnes, la montée était solide, et pour la première fois j’avais l’impression de ne pas seulement survivre à l’épreuve : je la courais vraiment. Le Roselend était spectaculaire, les jambes répondaient, et j’ai réussi à rester compétitif toute la journée.

J’ai terminé 10e de l’étape et je suis remonté 12e au général.

Ça a changé quelque chose dans la tête. Le top 10 ne semblait plus un fantasme. Il paraissait à portée. Et c’est l’un des pièges d’une bonne journée en course à étapes : elle donne confiance, mais elle peut aussi faire oublier à quelle vitesse les Alpes peuvent renverser l’équilibre le lendemain.


Étape 3 : Tignes à Serre-Chevalier

160 km / 3 300 m de dénivelé

Cols clés : Iseran, Télégraphe, Galibier

C’est le jour où la semaine a commencé à mordre.

J’avais bien mieux dormi et je voulais croire que la récupération me porterait, mais dès les premiers kilomètres je sentais les jambes lourdes. Pas catastrophiques, juste assez lourdes pour savoir que ce serait une vraie journée de course à étapes : pas un désastre, pas un exploit, juste une de ces journées où il faut se gérer avec honnêteté.

Impossible de se cacher sur un parcours pareil. L’Iseran est majestueux, le Télégraphe fait déjà mal, et le Galibier dit toujours la vérité.

Ce jour-là, j’ai vraiment souffert dans le dernier col. Le résultat restait honorable, 15e de l’étape, mais c’est le premier jour où j’ai réellement ressenti la réalité intérieure de l’épreuve : même quand le classement n’est pas mauvais, le vécu peut être bien plus dur que ce que le résultat laisse croire.

Je suis retombé 14e au général, mais les écarts restaient assez faibles pour que tout demeure ouvert.


Étape 4 : boucle de Briançon

C’est là que la Haute Route devient vraiment intéressante.

95 km / 2 000 m de dénivelé

Cols clés : Izoard par la Casse Déserte

Sur le papier, c’était la journée la plus « légère ». En réalité, il n’y a pas de journée facile dans une semaine pareille.

Je me sentais mieux que sur l’étape du Galibier, sans être au sommet non plus. Le premier effort court s’est bien passé, et j’y ai puisé de la confiance. Est venue ensuite la partie stratégique de la journée, puis, enfin, la longue montée vers l’Izoard.

J’ai essayé d’être plus discipliné, de rouler à mes chiffres plutôt qu’au groupe, et c’était sans doute la bonne décision. Ça faisait toujours mal, mais c’était une souffrance plus maîtrisée.

J’ai terminé 17e de l’étape et je suis descendu 16e au général. Un peu décevant sur le papier, mais une de ces journées où je ne crois pas que j’aurais pu rouler beaucoup plus intelligemment avec les jambes que j’avais.

À ce stade, la course n’était plus seulement physique. Elle était devenue émotionnelle aussi.


Étape 5 : annulée

Pluie battante et chaos météo total

C’est l’un des moments les plus étranges de la semaine.

Réveil tôt, tenue de pluie complète, trajet jusqu’au départ dans des conditions terribles, arrivée trempé, mentalement prêt à en découdre, et là, l’étape est annulée.

C’était la bonne décision, mais frustrante quand même. En course à étapes, on dépense beaucoup d’énergie à se préparer mentalement pour chaque journée. Quand une étape disparaît, elle laisse une drôle de sensation : un peu de soulagement, un peu de déception, un peu de vide.

Cela a aussi provoqué une remise à zéro. Qu’on le veuille ou non, tout le monde s’est soudain retrouvé avec un jour de récupération.


Étape 6 : Cuneo à Nice

180 km / 3 500 m de dénivelé

Cols clés : col de la Lombarde, col de la Colmiane

C’est l’une des plus belles journées de la semaine.

La récupération forcée avait aidé, et pour la première fois depuis plusieurs jours je me sentais de nouveau moi-même. J’ai grimpé le premier grand col avec bien plus de contrôle, géré l’effort plus intelligemment, et je suis resté dans la course au lieu de seulement la subir.

En fin de journée, je repartais à l’attaque aux bons moments, et cela comptait autant sur le plan mental que physique. J’ai terminé 10e de l’étape et je suis remonté 14e au général.

Le top 10 était déjà hors de portée, mais il restait quelque chose d’important à défendre : bien finir la semaine.

Et voir la mer après des jours de course en montagne a donné à toute la journée une saveur particulière. On aurait dit que la course s’ouvrait de nouveau.


Étape 7 : contre-la-montre de Nice / Col d’Èze

Boucle de 26 km / 9,5 km chronométrés en montée à la fin

Col clé : col d’Èze

C’était la façon parfaite de terminer.

Un contre-la-montre final en côte, c’est d’une simplicité brutale : nulle part où se cacher, pas de jeu tactique, pas de faux-semblant. Juste un effort, un objectif, et ce qu’il reste dans les jambes après une semaine entière.

Je l’ai géré à haute intensité, j’ai souffert exactement comme prévu, et j’ai réussi à finir fort. J’ai terminé 4e de l’étape, une belle surprise, et cela m’a fait remonter 13e au général.

Ça n’a pas changé toute la semaine, mais ça a changé la sensation au moment de la boucler.

Après toute cette fatigue, ces erreurs, ce stress et ce travail de récupération, terminer par l’une de mes meilleures sorties de l’épreuve était incroyablement satisfaisant.


Ce qui m’a le plus marqué

Ce que je retiendrai le plus, ce n’est pas seulement le classement final.

C’est toute la texture de la semaine : l’excitation à Megève, l’erreur d’être parti trop fort, la confiance née après la deuxième étape, la souffrance dans le Galibier, le milieu de semaine chargé d’émotion, l’absurdité de l’étape annulée, la mer après la montagne, et le soulagement de finir sur un beau contre-la-montre.

Voilà ce qu’une semaine comme la Haute Route vous offre.

Pas seulement des données, des classements ou des chiffres de puissance, mais une véritable succession de souvenirs qui reste en vous parce qu’il a fallu mériter chaque instant.

Si je devais résumer mes principaux enseignements, ils seraient simples :

  • ne courez pas les premières étapes comme des épreuves d’un jour
  • protégez votre semaine, pas seulement votre ego
  • la récupération compte plus que la plupart des amateurs ne le pensent
  • les petites erreurs de logistique se paient très vite
  • et les Alpes récompensent toujours la patience sur la durée

Est-ce que je recommande la Haute Route Alpes ? Absolument.

Est-ce que je m’y prendrais différemment la prochaine fois ? Absolument aussi.

Et c’est sans doute le meilleur signe qui soit.

Si vous rêvez de votre propre défi alpin, ou si vous voulez simplement découvrir des routes légendaires avec une meilleure organisation, un meilleur accompagnement et une meilleure récupération autour de vous, découvrez nos séjours vélo dans les Alpes, consultez les dates & tarifs, ou contactez-nous.

Et pour en savoir plus sur l’épreuve elle-même, rendez-vous sur le site officiel de la Haute Route.

Close
? Chat with us via WhatsApp!